lundi 20 avril 2015

Poterie et autre

Le bureau est accueillant, j’ai envie d’y entrer, c’est déjà bien. Maintenant, il va falloir rassembler les matériaux nécessaires pour faire une histoire. Des idées, des anciens projets abandonnés, du mind mapping, des listes d’envie, des rêves…
Dans mon cas, ce ne sera pas difficile, tout simplement parce que le matériau de base est déjà abondant. Je vais reprendre une vieille idée d’un truc écrit il y a de ça bientôt dix ans.

Les archives
À ce moment-là, je passais mon temps sur un jeu vidéo, RappelZ, un mmorpg gratuit du genre héroïc fantasy, rien d’extraordinaire, sauf que j’avais envie que ce monde devienne réel. J’avais envie d’être capable d’être un de ces personnages qui devenaient de plus en plus forts et qui seuls ou en équipe faisaient d’un univers dangereux leur terrain de jeu.

Alors j’ai commencé à imaginer qu’il y avait des gens autour de moi, qui vivaient ce genre de choses, qu’ils avaient l’air normaux la plupart du temps, mais qu’en réalité ils se battaient avec des armes énormes, sauvaient le monde toutes les nuits et gagnaient des niveaux et du skill à chaque sortie nocturne. Yeah !

À cette époque, j’avais posé les bases d’un monde, créé quelques personnages et écrit les premiers chapitres. Ça m’avait plu, sauf que je m’étais perdue dans des règles de points, de niveaux, d’xp, de… pfff… de technique, quoi. Ah et puis la magie, aussi. Oui… la magie dans le monde normal… c’était devenu très compliqué.

L’autre problème, et c’est souvent le cas quand je commence un projet, c’est que j’avais une idée qui m’enthousiasmait, un univers prenant, des personnages forts qui vivaient déjà d’eux-mêmes… Mais pas d’histoire. Ces problèmes déjà identifiés, je n’ai plus qu’à les régler.  

Les petits plus
À mes archives, j’ai ajouté d’autres petites choses.

Au cours d’une autre histoire, j’avais utilisé, en guise de clin d’œil, des "Carliers" et leur monde. Mes personnages du moment les rencontraient, faisaient une quête avec eux, traversaient leur monde, s’étonnaient de leurs bizarreries… puis continuaient simplement leur voyage. Le point fort de ce chapitre, c’est qu’il me montre mon univers depuis un autre point de vue, un point de vue extérieur à l’histoire. Très utile… Il faudra que je le fasse plus souvent.

Ma copine Seza m’a interrogée sur mes textes et m’a demandé de les pitcher. Un pitch, c’est un résumé qui doit donner envie de lire l’histoire. Je suis très mauvaise pour faire ça. Je sais faire un résumé, je sais apparemment donner envie de lire… Mais bizarrement, je tombe souvent à côté de l’histoire pour souligner des points qui sont secondaires. Dans le cas des Carliers, je lui ai dit quelque chose du genre…

« Dans un monde normal, un étudiant en situation d’échec reçoit un message d’un inconnu qui lui propose d’essayer un nouveau jeu. Il se laisse tenter, entre dans l’univers et découvre qu’une quantité impressionnante de personnes sont impliquées. Par un mot, un signe de reconnaissance, il comprend que les personnes les plus banales sont en fait des créatures cruelles, ou encore des héros de la nuit, le tout dans le plus grand secret, au nez et à la barbe du reste du monde… »

Bref !

J’insiste lourdement sur le secret, sur les signes qui éveillent son quotidien, alors qu’en fait, ce n’est qu’un détail, quelques mots au milieu des milliers d’autres qui composeront le texte.

Alors en quoi c’est important que j’aie dit ça ? Et bien ça l’est parce que j’ai parlé avec passion de quelque chose qui me plaisait, qui éveillait mon envie d’écrire, de partager une histoire… et donc ça prouve qu’il faut que j’approfondisse cet aspect de l’histoire, parce qu’il va me porter plus loin.

Il faudrait que je pense à m’enregistrer quand je parle de mes textes… J’apprendrais une tonne de choses en m’écoutant…  

Voilà, j’ai mes ingrédients. Et maintenant ?

Maintenant commence un travail laborieux de poterie. Il faut :

- Trouver les personnages 
Trouver dans le sens « Les sentir », comme dans l’expression se trouver soi-même.
Qui sera mon personnage principal ? Quel genre d’alliers aura-t-il ? Comment évoluera-t-il ? Quel point de vue vais-je adopter ? Sera-t-il seul ou en équipe ?

- Définir le monde
Pourquoi de la magie serait-elle possible ? Est-ce que je reste dans l’univers étudiant ? À quoi ressemble la ville ? Quelles sont les différentes ambiances ? Celles des civils, celles des Carliers, celles des ennemis…

- Trouver une histoire
SI, EP, P, ER, SF
Situation Initiale, Élément Perturbateur, Péripéties, Éléments de Résolution, Situation Finale. Ce n’est pas la structure, c’est la base de la base de ce qui doit être défini avant de pouvoir commencer.

- Ajouter d’autres idées
Odin, ma muse travaille rarement, mais parfois elle le fait. Quand je commence un projet, elle se met en mode « recherche d’informations » et fonctionne en arrière-plan. C’est ainsi qu’en faisant le ménage, j’ai trouvé un nouveau personnage et la manière dont il s’insère dans le monde.

Si Odin est en grève, et c’est très souvent le cas, je mets de la musique et j’écris tout ce qu’elle m’inspire en restant dans le cadre de l’histoire en cours. C’est plutôt efficace…

J’ai parlé de tout ça ici !

- Élaborer une structure
Euh… Ça, ça viendra. Pour l’instant, je n’ai pas eu d’idées. Ça ne tombe jamais de nulle part, ce sont des structures de livres que j’ai lus ou de films que j’ai vus qui m’inspirent celle que je vais utiliser. Tout ce que je sais, c’est que je vais partir sur un principe de poupée russe inversée. On commence petit, puis on voit de plus en plus gros.

- Trouver le début, la page un. (Et deux et trois…)
C’est souvent très difficile. La page un, c’est celle qui va fixer le point de vue, le personnage principal, le style de l’histoire, l’ambiance, l’axe d’écriture… J’en ai essayé quatre avant d’en trouver une qui me plaise, puis encore deux autres avant de trouver une page qui m’enthousiasme vraiment.

Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. En aucun cas, ça ne veut dire que j’ai trouvé la page un parfaite. Elle est mal écrite, résumée, pleine de fautes d’orthographe, de syntaxe, c’est une horreur, et je ne vous parle même pas du style… Non. Quand je dis que j’ai trouvé la page un, je parle du fond. Mon personnage a l’air de se sentir à l’aise dans son rôle, l’histoire commence par quelque chose qui a une tension raisonnable et le ton est le bon, c’est tout. Je dis ça, parce que je sais que certains ont tendance à justifier leur blocage par l’écriture compulsive de la page un… voir de la première phrase. Là non.

Au passage, je trouve que cette partie est difficile, parfois même insurmontable. J’ai lutté pour arriver au bout, c’était tellement laborieux que j’ai terminé épuisée comme si j’avais mené un combat contre moi-même. Je ne sais toujours pas pourquoi cette première page est aussi récalcitrante. Peut-être parce qu’il faut débloquer quelque chose en soi pour pouvoir entrer vraiment dans l’histoire ? Ou tout simplement parce que j’ai fait une pause dans l’écriture entre deux histoires et qu’il faut s’y remettre.

Et j’ai fait quoi d’autre, vite fait ?

- J’ai terminé de lire la saga Dragon Ball de Akira Toriyama… C’était génial. C’était même tellement génial que je me dis qu’il faut l’avoir lu au moins une fois dans sa vie. Il y a des tas de choses à apprendre là-dedans quand on écrit des histoires. Par exemple, le principe de surenchère. Dans Dragon Ball, le numéro un mondial des arts martiaux peut devenir un humain faible et inutile en quelques tomes, le tout en restant crédible. J’aimerais bien faire une fiche de lecture sur la série, peut-être, je verrai.

- J’ai essayé d’apprendre à dessiner. Je rêve de pouvoir faire apparaitre sur une feuille les images que j’ai en tête. Par exemple, j’aurais voulu dessiner quelques Carliers pour fixer leur style, faire le plan de leur quartier général… Mais ça ne ressemble à rien. Alors je me suis entrainée un peu.

- J’ai élaboré un questionnaire de guilde. Puisqu’il y aura plusieurs guildes, quels sont les points qui les différencient les unes des autres ? Plutôt jour, plutôt nuit, plutôt sympa, plutôt pas…

Voilà. Rendez-vous d’ici la semaine prochaine. Je n’ai pas la moindre idée de ce que j’aurai à dire à ce moment-là… on verra bien. En attendant, écrivez bien.

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