dimanche 19 octobre 2014

Trouver les idées pour écrire une histoire

C’est bientôt le Nano, il va être temps de se préparer, parce qu’un roman de 50 000 mots ou plus ce n’est pas si simple à écrire. Pour y parvenir, il faut un minimum de préparation : synospsis, plan, bible des personnages, fiches détaillées des lieux avec des photos…  Mais bon, tout ça, ça ne sert à rien si on n’a pas l’idée de base.






Les yeux, les oreilles, le nez et un carnet Moleskine

Le monde qui nous entoure est une source d’inspiration inépuisable. Une femme qui harcèle son conjoint au téléphone dans le bus suffit à produire un dialogue d’anthologie. Le regard outré d’une passagère juste à côté pourrait même donner une dimension comique. Et le type bourré qui ricane bêtement avec son haleine chargée aussi, d’ailleurs. Un simple dessin aperçu dans les nuages ou dans les nœuds de bois sur la table peut éveiller des sensations, faire travailler l’imagination. Il faut voir, regarder, sentir, ressentir, rester ouvert. Et si les beaux paysages ne font pas les plus belles descriptions, ce qu’ils évoquent est suffisant pour faire battre mon cœur d’artiste et m'emporter loin, tellement loin qu’il y aura sûrement une histoire derrière.

Dans ce genre de moments, il faut avoir son carnet. Noter les bonnes phrases, pouvoir restituer tout ce qui fait le sel d’une situation, ou simplement se laisser aller à écrire quelques pensées philosophiques…

Je disais Moleskine parce que c’est le plus connu, mais n’importe lequel fera l’affaire. Il parait qu’ils sont super, je ne sais pas, je n’ai jamais testé. J’aimerais bien !

On utilise souvent le carnet, mais il existe d’autres moyens. Dans un atelier d’écriture, Hervé Bellec disait que son truc à lui, c’était plutôt l’appareil photo, parce qu’en regardant l’image, il est capable de restituer ce qu’il pensait au moment où il prenait la photo. Une image vaut parfois tout un discours, c’est vrai, et c’est d’autant plus vrai pour quelqu’un comme lui qui écrit des récits de voyage. Difficile de prendre des notes en voiture ou en marchant…

Le dictaphone est une autre solution. Mais s’il est possible de prendre une photo discrète de la scène dans le bus, dire à voix haute que la femme qui incendie son compagnon a vraiment l’air d’une mégère et décrire sa corpulence à voix haute pourrait vous attirer quelques ennuis. En plus, cela nécessite d’avoir à tout recopier une fois arrivé chez vous. Mais pourquoi pas ?

Toute cette matière, photos, textes, dessins, mémos vocaux, formera un tout, un matériau brut dans lequel il ne restera plus qu’à piocher pour composer une histoire.

Les livres

Les livres, c’est l’autre alternative évidente. Quand on écrit, il faut lire, lire, lire… Pour savoir ce qui se fait et ce qui ne se fait pas, pour renouveler son répertoire d’idées, augmenter la taille de son imaginaire, peaufiner le style… C’est en découvrant ce qu’ont fait les autres qu’on mesure mieux ce qu’on est capable de faire soi-même.

Je ne lis pas assez. J’en suis consciente. Quand j’ouvre un livre, je me donne tout entière à l’histoire, ce qui fait que j’ai horreur d’être interrompue et que les déceptions sont terribles. L’inverse est vrai, je ne suis toujours pas remise de la richesse du Puits des Mémoires de Gabriel Katz, par exemple, qui m’a transportée si loin que j’y pense sans cesse. Bon sang, ce que je voudrais avoir écrit ça ! Oui, oui, j’en ferai une fiche de lecture… quand j’aurai pris un peu de recul.

Bref. Il faut lire.

Les jeux vidéo, les séries, les films…

Sortir, oui… Lire, d’accord… Moi mon truc, ce n’est ni l’un ni l’autre. La plupart des idées me viennent avec les jeux vidéo. J’ai commencé avec The Legend of Zelda qui m’a donné mon premier univers, une sorte de terrain de jeu type bac à sable où tout était permis. Quand j’ai testé Minecraft, j’ai expérimenté la solitude, la patience et l’envie d’écrire sur un monde vierge et infini où tout est à construire. Lorsque j’ai joué à NeverWinter Nights, j’ai eu envie d’un héros qui part de rien pour gagner des titres, des terres et diriger une armée. En ce moment, je suis sur Monster Hunter et je me suis rendu compte que l’atmosphère d’une forêt inondée pleine de vestiges d’une ancienne civilisation me prenait par les tripes.

J’ai aussi ce genre de sensations quand je sors du cinéma. J’en ai plein les yeux et parfois un détail surnage sur les autres… Bon sang, La Belle et la bête de Christophe Gans avait une structure d’enfer ! Et la toile que les Marvels construisent en liant les films les uns aux autres, c’est une idée géniale ! Et ce personnage, Jethro Gibbs dans NCIS, c’est une pure merveille de personnage ! Évidemment, ces avis n’engagent que moi, mais ce ne sont que des exemples.

Est-ce parce que ce n’est pas écrit noir sur blanc ? Mais j’ai beaucoup moins de mal à travailler sur une idée que j’ai vue, plutôt qu’une idée que j’aurais lue. Les mots n’ont pas déjà été écrits à ma place…

Par contre, la télé, ça ne marche pas. J’ai juste l’impression d’avaler passivement et de m’endormir intellectuellement. J’ai laissé tomber.

La musique

Installée au calme avec des écouteurs, je laisse défiler une playlist au hasard ou choisie en fonction de la situation. Le but du jeu est d’écrire tout ce qu’elle m’évoque. Une description ? Une scène d’action ? Les sons et les rythmes sont aussi évocateurs que des images ou des mots. Il suffit de se laisser porter et d’être certain de ne pas être dérangé pendant que vous vous laisserez aller. En général, je suis plus réceptive quand il n’y a pas de paroles, la musique de jeux vidéo reste ma préférée pour ça.

À la fin, j’obtiens de cours textes, certain se ressemblent, d’autre n’ont rien à voir. Réfléchir à une cohérence importe peu sur le moment, mais à la relecture, j’en trouve parfois, je m’étonne. C’est un bon moyen de faire ressortir ce dont j’ai envie. Une scène de bataille, un monde préhistorique, la banalité d’un quotidien…

Les aléatoires du web

Voici une astuce découverte grâce à un cours d’Anael Verdier, qui donne quelques conseils sympas sur internet : utiliser Wikipédia pour trouver des idées d’histoire, et plus précisément la fonction de diffusion aléatoire d’articles. C’est une source intéressante d’inspiration. Ça prend du temps, vous allez tomber sur des noms de villes imprononçables, sur des sportifs à la pelle, et puis parfois un article sortira du lot. Ce soldat qui va jusqu’à se servir de la mitrailleuse d'un blindé sur le point d’exploser pour repousser ses ennemis, retient tout à coup votre attention… prenez le temps de noter le lien et d’écrire quelques mots sur la scène, sur ce qu’elle vous évoque, puis cherchez encore et là… un article qui parle d’évasion. On rassemble, on mélange, on touille un peu et ça donne… Un soldat téméraire en diable enfermé dans une prison de hautes sécurité… Et hop, voilà une idée.

Dans le même genre, les sites de photo comme Flickr ou 500px font aussi leur petit effet. Les images défilent, il suffit de les regarder et de se laisser porter. L’une d’elles est plus évocatrice que les autres ? Prenez le temps de l’observer, de la décrire et d’extrapoler. Allez chercher la petite bête, pourquoi cette femme sourit-elle de cette manière ? Que représente cette ombre derrière elle ? La mort ? Une femme qui sourit parce qu’elle va mourir, comment en est-elle arrivée là ?
La photo n’avait sans doute rien à voir avec ce thème morbide, mais peu importe, vous êtes à la recherche d’idée pas de vérité, laissez-vous faire…

Écrire

C’est encore ce qu’il y a de plus efficace. Je trouve et de loin que la meilleure manière d’avoir des idées, c’est d’écrire. L’écriture libre, oui… prendre son stylo et le laisser aller… Pourquoi pas, mais ce n’est pas facile, et le résultat est souvent bien plus drôle qu’utile. Je parle surtout d’écrire tous les jours. Plus on écrit, plus le cerveau prend le pli et plus le mécanisme de la pensée se met en route. Se réveiller une heure plus tôt pour entendre la maison vide, s’assoir à son bureau tous les jours à la même heure, allumer une bougie, faire un café, un thé, un chocolat… Les rituels aident aussi énormément. Le cerveau comprend les rituels comme un signal. Dès qu’il sera éduqué à le comprendre, le simple fait de reproduire ce rituel vous mettra dans un état parfait pour écrire. Alors il ne restera plus qu’une chose à faire, se mettre au travail. (J’en profite pour vous laisser le lien d’un super article sur le sujet : Lois Newtonniennes adaptées à l’écrivain moderne).

Il existe mille moyens de trouver les idées. L’inspiration comme une muse penchée au-dessus de l’épaule et qui soufflera ce qu’il faut écrire au bon moment, c’est du fantasme. Parfois, on doit forcer un peu les choses pour ne pas se retrouver devant une feuille blanche qui le restera tout le long du NaNo. Il n’y a pas de méthode miracle, il faut juste apprendre à se connaitre, tester, mettre au point sa routine et la briser de temps en temps.

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