mardi 9 septembre 2014

Le monde de Ô - Auteur anonyme

Ce qui est bien avec les écrivains, c’est qu’ils parviennent toujours à nous surprendre. Un jour, un homme que je ne connaissais pas du tout m’a donné un livre. Nous n’avions échangé que quelques mots. J’avais répondu à ses questions dans le cadre d’une enquête qu’il menait pour sa thèse, et je ne le reverrai sans doute plus jamais. Pourtant, de cet échange, j’ai gardé une étrange expérience, celle du « passage » d’un livre. Ce livre, c’est Le monde de Ô

Moi qui suis très influencée par la couverture des romans, je me suis retrouvée bien bête devant ce petit pavé blanc tout sobre. Les pages avaient l’air d’avoir été découpées à la main. Pas de nom de l’auteur, pas de quatrième de couverture, rien pour me guider, à part ce que l’homme m’en avait dit, et qui est aussi brièvement expliqué dans le livre : Cet ouvrage n’a pas été écrit pour dormir dans une bibliothèque, mais pour voyager.

Le but du jeu est simple, après l’avoir lu, il faut le donner. Voilà une initiative à laquelle je ne m’attendais pas. Autre chose à signaler, le livre n’existe qu’en peu d’exemplaires, ce qui signifie que je n’aurai probablement plus jamais l’occasion de le retrouver maintenant que je l’ai donné. Et j’avoue… il me manque !

Alors, reprenons les choses dans l’ordre. D’abord, il a fallu le lire. Ma première réaction ? Mais pourquoi j’ai accepté ce truc ! Ça avait l’air nul, c’était plutôt moche, et en toute mauvaise foi, je me disais que vu que l’auteur n’avait pas osé signer son œuvre, c’est que ça ne devait pas voler bien haut. Il a trainé peut-être deux mois sur mon bureau, je savais que je devais traverser la France pour aller voir ma famille, je me disais que je le lirais pour ce jour-là, que je m’en débarrasserais là-bas… Du coup, je n’ai commencé ma lecture qu’au tout dernier moment et de mauvaise grâce.

Et comme souvent avec les bons livres, on ne s’attend pas à ce qu’ils nous tombent dessus. À peine commencé, je l’ai dévoré sans pouvoir m’arrêter.

C’est une dystopie. C’est l’histoire de Noa, qui est condamné à un nouveau genre de peine, la prison à domicile. Pendant quatre ans, il n’a plus le droit de sortir de chez lui. Il n’est pas tout à fait sûr de savoir pourquoi il a été condamné, et il ne comprend pas pourquoi sa peine ne cesse d’augmenter. Mais peu à peu, il se rend compte qu’il est coincé là pour l’éternité, et forcément, ça ne le met pas en joie. Il perd espoir, il n’a plus gout à rien, sa copine qui passe le voir de temps en temps tente de le remettre sur pied, mais non… la vie n’a plus aucune valeur, plus aucun intérêt.

Sa seule occupation, comme dans toute bonne dystopie, est de surveiller les autres détenus à domicile via des caméras disposées chez eux et de signaler les comportements suspects. Il surveille donc des gens qui le surveillent peut-être… et un jour, il voit apparaitre chez eux une sorte de coffret noir, comme un cercueil high-tech. Les gens entrent dans cette boite, et quand ils en ressortent, ils ont l’air d’avoir vécu un truc incroyable. Ils se dépêchent de manger, de boire, de dormir, pour pouvoir rentrer aussi sec à l’intérieur.

Noa résiste un moment à la curiosité, mais très vite, il n’a plus à surveiller que des boites noires. Si bien qu’un jour, il en achète une pour lui aussi. Et à l’intérieur, il découvre… Le monde de Ô.

J’ai découvert un style riche et soigné, une histoire décomplexée et pleine d’idées fortes et impressionnantes. Évidemment, on peut toujours lui trouver des défauts, des passages qui auraient pu être coupés, par exemple. Mais c’est ce qui me donnait l’impression d’avoir sous les yeux l’idée brute de l’auteur sans l’aseptisation éditoriale.

Conclusion : Si un jour vous avez l’occasion d’avoir ce livre entre les mains, acceptez ! C’est autant une histoire à lire qu’une expérience qu’il faut avoir vécue. Mais combien d’entre nous auront cette chance ?

2 commentaires:

  1. Comme tu le décris, ça ressemble a un expérience mystique. Ça fait envie.

    RépondreSupprimer